Les promoteurs immobiliers face à l’empreinte carbone

Article Publié le 13 juin 2023

En France, le secteur du bâtiment représente 44% de la consommation d’énergie et près de 25% des émissions de CO2. Devant les enjeux écologiques et l’objectif de neutralité carbone fixé à 2050 par le gouvernement, ce secteur est régulièrement pointé du doigt et soumis à une réglementation de plus en plus exigeante.

Jusqu’à la fin de l’année 2021, RT2012, fixait des objectifs de résultat élevés pour ce qui concerne la conception du bâtiment, son confort et sa consommation d’énergie. Cette année, cette réglementation est remplacée par RE2020 qui poursuit les objectifs de RT2012 mais va plus loin, en prenant en compte l’ensemble des émissions des bâtiments neufs sur leur cycle de vie : de la construction à la fin de vie en passant par la phase d’exploitation.

Ces normes sont évidemment nécessaires et répondent d’ailleurs aux attentes des acquéreurs, qui sont de plus en plus sensibles à l’impact des bâtiments qu’ils occupent sur l’environnement. Mais elles font également évoluer le travail des promoteurs immobiliers, qui doivent s’adapter à un ensemble de problématiques nouvelles et parfois délicates.

S’adapter au rythme du marché et des réglementations

Alors que le marché est particulièrement dynamique, avec une tension immobilière importante qui impose de construire rapidement et à des coûts raisonnables, les exigences environnementales et leur fréquence tendent à ralentir les nouvelles constructions et à faire augmenter leurs prix.

Dans ce contexte, les relations entre constructeurs et promoteurs évoluent. Si l’utilisation de matériaux à basse consommation carbone est presque devenue un réflexe, de nouvelles habitudes pourraient également voir le jour, comme faire le choix de constructeurs engagés vers des pratiques responsables : utilisation d’énergie décarbonée sur les chantiers et pour le transport des matériaux, tri des déchets et recyclage, réutilisation des matériaux détruits sur place, intégration de la nature et de la biodiversité dans les projets, mise en place de circuits courts, etc.

De nombreux constructeurs ont déjà pris ce type d’initiatives qui limitent l’empreinte carbone à la fois des chantiers et des bâtiments et qui feront peut-être un jour l’objet d’une clause dans le contrat passé avec les promoteurs.

Bientôt un indice carbone spécifique à l’immobilier ?

Dans une même logique, les promoteurs se tournent de plus en plus vers la réhabilitation de friches industrielles et agricoles. En tant qu’acteurs-clés de la transformation des villes, ils y voient l’opportunité de limiter l’impact direct sur l’environnement de ces endroits laissés à l’abandon parfois en pleine nature. Les opérations de réhabilitation impliquent alors une dépollution des terrains et, surtout, la possibilité de réutiliser en partie les structures existantes pour leur donner une nouvelle vie.

En tentant d’anticiper les réglementations à venir, il n’est pas improbable que les promoteurs doivent bientôt calculer l’empreinte carbone des logements qu’ils proposent. Ce calcul tiendrait alors compte d’un certain nombre de critères plus ou moins larges, de la construction du bâtiment et/ou à son exploitation, afin de permettre à leurs futurs usagers d’en connaître tous les détails sur le long terme.

Sous la supervision de l’ADEME, quatre secteurs professionnels participent déjà volontairement au déploiement de l’affichage environnement en France : l’habillement, l’ameublement, l’hôtellerie, les produits électriques et électroniques, alors pourquoi pas l’immobilier ? Affaire à suivre !

Nicolas Biais,
Directeur Primpromo

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